Daydream : le sudoku qui a trouvé le sommeil

Quand votre cerveau réclame la paix

23h47. Vous êtes dans votre canapé, emmitouflé sous un plaid. L’écran de votre téléphone brûle vos rétines. Vous scrollez sans but. Daydream est la réponse à cette soirée qui ne sait pas finir : un roll & write qui sent le thé chaud et la bougie éteinte. Pas de conquête. Pas de trahison. Juste vous, deux dés et une grille de nuages à remplir sans faire exploser votre cerveau.

La fiche d’identité (la vraie)

CritèreLa réalité du terrain
Âge conseillé8+ (mais pensé pour adultes en quête de zen)
Durée20-25 min (setup inclus, 15 min si vous êtes rodé)
TypeRoll & write / Puzzle logique cozy
Config idéale1 joueur (oui, vraiment)
Prix~20€

Le pitch en 30 secondes

Vous remplissez une étagère avec des objets dessinés. Pour débloquer chaque objet, vous devez compléter des lignes de nuages en y inscrivant des chiffres obtenus aux dés. La règle d’or : aucun doublon sur une ligne, sinon elle est fichue. Bonus si vous alignez une suite (3-4-5). Le plateau se plie en 8 configurations différentes, chacune ajoutant de nouvelles contraintes (constellations à relier, polaroïds à collectionner).

Sous le capot (le gameplay)

Le flow est d’une simplicité brutale :

  • Lancez les 2 dés (tous les joueurs jouent simultanément)
  • Choisissez l’un des deux résultats et inscrivez-le dans un nuage libre sur votre grille
  • Interdiction formelle : placer deux fois le même chiffre sur une ligne horizontale
  • Si vous complétez une ligne sans doublon → Dessinez une partie d’un objet sur l’étagère
  • Si vous alignez une suite de chiffres consécutifs → Ligne parfaite, bonus selon le niveau choisi

Les 8 niveaux du plateau pliable :
Le plateau est un origami géant. Dépliez-le, repliez-le, et vous découvrez de nouveaux décors avec leurs mécaniques propres : jouer avec des constellations à relier, des notes de musique à harmoniser, des photos polaroïd à compléter. Chaque niveau ajoute une couche de complexité sans jamais casser l’ambiance feutrée.

Pourquoi c’est bon (les points forts)

La perfection du solo
Très rare qu’un jeu de société atteigne son pic en solitaire. Ici, c’est le cas. Pas de pression sociale, pas d’attente. Juste le chuintement du feutre Velleda sur le plateau effaçable, le cliquetis des dés, et votre cerveau qui ronronne. Vous êtes dans une bulle. Les tests le confirment : c’est devant une tasse fumante, sous un plaid, que Daydream révèle sa vraie nature.

L’élégance mécanique du sudoku revisité
La tension entre sécurité et risque est parfaitement calibrée. Vous voyez ce 5 tomber aux dés ? Vous avez déjà un 5 sur deux lignes. Vous devez choisir la troisième ligne avec précaution. Un mauvais choix au tour 3 vous hantera au tour 7. Cette mécanique d’engagement progressif transforme chaque lancer en micro-décision stratégique.

Le matériel tactile et durable
Cinq plateaux effaçables, cinq feutres Velleda, cinq petits chiffons en forme de nuage. Tout respire le soin. Les illustrations pastel de Memé Candia apaisent l’œil. La boîte compacte se glisse partout. Le setup prend 30 secondes. Le rangement aussi. Zéro frustration logistique.

Le grain de sable (ce qui fâche)

Le multi-joueurs, un faire-valoir
Soyons clairs : à 4 ou 5, vous jouez simultanément certes, mais sans interaction. Vous lancez les dés chacun votre tour, tout le monde note en silence. Aucune tension sociale, aucun bluff, aucune négociation. Le jeu perd 40% de son charme en configuration familiale. Les enfants de 8 ans s’ennuient face à ce puzzle contemplatif. Les adultes se demandent pourquoi ils ne jouent pas chacun dans leur coin.

L’illusion de variété des 8 niveaux
Oui, il y a 8 configurations. Mais une fois que vous avez compris les 3 premières, les 5 autres ne sont que des variations cosmétiques. Les constellations ? Un système de bonus linéaire. Les polaroïds ? Une autre façon de scorer. La courbe de découverte s’aplatit après 5 parties. Vous aurez vite votre niveau favori et vous y camperez.

Le hasard des dés, sans filet
Contrairement aux roll & write modernes qui offrent des mécanismes de mitigation (relance, dé sauvage), ici vous êtes pieds et poings liés aux deux dés. Un enchaînement de 6-6-6 peut ruiner votre grille. Pas de plan B. Pas de bouée. Vous subissez. Les joueurs qui détestent le chaos aléatoire fumeront des oreilles.

Le verdict LUDOSIGNAL

Foncez les yeux fermés si :

  • Vous cherchez un jeu solo pour décompresser sans éteindre votre cerveau
  • Vous aimez les puzzles logiques qui ne hurlent pas
  • Vous voulez un jeu transportable, rapide à installer, avec zéro déchet (effaçable)

Passez votre chemin si :

  • Vous voulez de l’interaction, du clash, de la traîtrise
  • Vous détestez les jeux où les dés décident de votre destin sans recours
  • Vous cherchez un jeu familial qui passionne les 8-12 ans

Note globale

7,5/10
Le plus beau compliment qu’on puisse lui faire : on y joue le soir, en pyjama, et on oublie l’heure.

Publications similaires