Double Seven : le rummy qui ne fait pas mumuse

Quand mamie écrase tout le monde

Imaginez : dimanche après-midi, la table familiale. Les tuiles claquent sur la table, mamie affiche un sourire carnassier en complétant sa troisième famille de crocodiles, pendant que votre neveu de 9 ans rage parce qu’on vient de lui piquer exactement la tuile dont il avait besoin. Double Seven, c’est cette promesse-là : un rummy qui a troqué les cartes contre des dominos d’animaux, et où l’échange devient une arme de destruction massive des plans adverses.

Michael Schacht (l’architecte de Lucky Numbers) signe ici un jeu familial sans compromis, servi par un matériel en acrylique qui fait passer les vieux jeux de cartes pour des reliques poussiéreuses.

La fiche d’identité (la vraie)

CritèreLa réalité du terrain
Âge conseillé8 ans (et c’est vrai)
Durée20-25 minutes (setup inclus)
TypeCollection / Rummy modernisé
Config idéale3-4 joueurs
Prix~25€

Le pitch en 30 secondes

Vous incarnez un collectionneur animalier obsessionnel. Piochez des tuiles représentant 13 espèces colorées, posez-les devant vous pour créer des familles (même animal, couleurs différentes). Chaque tuile posée = 1 point. Atteignez 7 tuiles dans une famille pour décrocher un bonus. Le premier à compléter deux familles de 7 tuiles met fin à la partie et rafle la mise. Ah, et vous pouvez échanger vos collections entières avec vos adversaires. Oui, c’est sournois.

Sous le capot (le gameplay)

À votre tour, trois actions simples :

  • Poser une tuile de votre chevalet pour créer ou agrandir une famille
  • Échanger une collection complète avec un adversaire (il ne peut pas refuser)
  • Piocher 2 tuiles (3 si votre chevalet est vide) – faces visibles ou cachées au choix

Le twist « arc-en-ciel » : Si vous avez 5 animaux différents sur votre chevalet, annoncez-le et piochez une tuile bonus.

La course aux 7 : Complétez une famille de 7 tuiles minimum, prenez le jeton « 7 » (bonus de points). Complétez une seconde famille de 7, prenez le jeton « 77 » – la partie s’arrête net. Comptez vos points (tuiles posées + jetons bonus), le plus gros score gagne.

Les jokers : 3 tuiles « caméléon » qui valent n’importe quel animal. Rares, précieuses, frustrantes quand l’autre les a.

Pourquoi c’est bon

Le matériel est une caresse pour les doigts
91 tuiles en acrylique translucide, lourdes, claquantes. On ne se lasse pas de les manipuler. Les illustrations colorées de Christine Alcouffe sont lisibles à 3 mètres, zéro confusion possible entre un paon et un crocodile. Pour un jeu familial à ce prix, c’est du premium assumé.

L’accessibilité n’est pas un mensonge
Trois actions possibles, zéro phase de gestion, des tours qui durent 20 secondes. Mamie, le gamin de 8 ans et le hardcore gamer jouent sur un pied d’égalité dès le premier tour. La règle tient sur deux pages et ne nécessite aucune FAQ.

Les échanges créent du sel
Le mécanisme d’échange forcé est diaboliquement interactif. Vous refiler votre famille de 3 tuiles pour récupérer celle de 5 de l’adversaire, c’est légal et encouragé. Résultat : on surveille les chevalets voisins comme le lait sur le feu, on bloque, on anticipe, on rage quand on se fait doubler sur le fil.

Le grain de sable (ce qui fâche)

Le hasard dicte sa loi
Piocher des tuiles à l’aveugle, c’est jouer à la loterie 15 fois par partie. Vous pouvez construire une stratégie en béton, si vous piochez 6 fois le même animal alors que vous en avez déjà 7, vous regardez les autres gagner. Le joker ? Une tuile sur 30, bonne chance.

Les chevalets en plastique font tache
Face aux tuiles premium, les supports de chevalet font cheap. Plastique léger, pas de système de fixation, les tuiles glissent si vous respirez trop fort. Pour un jeu vendu 25€ avec un matériel « haut de gamme », c’est une économie incompréhensible.

La répétition guette dès la 3e partie
Pioche, pose, échange, pioche, pose, échange. Le schéma devient mécanique. Pas de rebondissement, pas de pouvoir spécial, pas de plateau modulaire. C’est efficace, mais ça manque de piment pour les joueurs qui cherchent de la profondeur. Après 5 parties, on a fait le tour.

Le verdict LUDOSIGNAL

Foncez les yeux fermés si :

  • Vous cherchez un jeu vraiment intergénérationnel (8-88 ans, testé et approuvé)
  • Vous adorez manipuler du beau matériel sans casser votre tirelire
  • Vous voulez un rummy dopé aux stéroïdes avec de l’interaction

Passez votre chemin si :

  • Le hasard pur vous fait sortir de vos gonds
  • Vous avez besoin de profondeur stratégique et de rejouabilité infinie
  • Vous détestez qu’on vienne squatter vos collections

Note globale

7/10
Un rummy en smoking acrylique : élégant, accessible, mais qui ne réinvente pas la roue.

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